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Klaus STÖBER Lauréat 2003 du CEAAC Dans un récent catalogue*, Klaus Stöber (né en 1958 à Hanovre) a choisi pour la première fois de ponctuer des reproductions de sa peinture par celles de photographies réalisées également au cours des années 2002-2003. A la différence d’autres artistes, il n’y a cependant aucune combinaison dans ses oeuvres de ces deux pratiques: l’originalité de sa peinture provient initialement, comme l’a souligné François Pétry*, d’une double formation: allemande, « axé(e) sur la technique picturale et la maîtrise des couleurs » et française, « largement ouvert(e) sur la variété des supports et la gestualité ». Tout au plus pourrait-on être néanmoins sensible au fait qu’a l’intérieur de chacun des quatre ensembles de peinture présentés au CEAAC, il s’est donné la contrainte d’un format spécifique pour y organiser, comme dans le cadre constant d’un viseur photographique, la structure et le mouvement de sa composition.Les deux ensembles d’oeuvres datant de 2002, petits débordements et Überfluss, montrent une activité gestuelle à la fois puissante et maîtrisée de la couleur posée sur la toile qu’il élabore étendue à plat sur le sol. Des harmonies de teintes, tour à tour subtiles et audacieuses, naissent d’une matière assez fluide, travaillée à la brosse et soumise à des frottages, des effacements attentifs à ce que les temps de séchage préservent la distinction pour l’oeil de toutes les couleurs choisies. Sur ces surfaces livrés sans réserve aux flux colorés viennent ensuite s’inscrire des formes dont la simplicité évoquent des contenants, parfois emplis de la couleur de leur cerne, parfois transparents ou même recueillant à leur fond une sorte de résidu de matière plastique intensément coloré. La mise en place de ces formes joue alors étroitement tant avec les limites du tableau qu’avec leurs positions réciproques, créant ainsi une tension entre la recherche d’un ordre stabilisé et la survenue de déséquilibres qui relancent, cette fois à un second niveau, le dynamisme de la couleur, énoncé d’ailleurs par la signification des titres. Un autre ensemble d’oeuvres sur papier semble porter la marque d’une inflexion sensible de la peinture de Klaus Stöber vers une figuration, suggérée par des titres tels qu’escalier, entrée, escalier avec chaises..., que l’on pourrait être tenté d’imputer à la nouvelle dimension donnée récemment à sa pratique de la photographie. Pourtant, alors que l’image photographique est aussi remplie de la lumière du monde que ses précédentes oeuvres l’étaient par les formes et les flux de la couleur, ces dernières peintures laissent au contraire des zones de papier à l’état vierge et des aires de couleur vides de toutes formes. Lorsque celles-ci apparaissent, elles répètent et varient des tracés d’escaliers, de fragments de carrelages, des cloisons ou des portes, des chaises... qui, tout comme naguère les « vases de couleurs » faisaient allusion - avec une plus discrète évidence que l’action painting ou que les déconstructions du mouvement Support-surface - à l’activité de peinture, sont issus de l’environnement quotidien de l’atelier. Mais la liberté de leur mise en place à la surface de l’oeuvre y inscrit par le geste et la couleur des signes de l’espace bien plus qu’elle n’en figure une illusoire profondeur. Ce n’est donc pas d’une apparente tension entre abstraction et représentation que viendrait l’énergie animant la peinture de Klaus Stöber: son travail photographique lui permet en effet de satisfaire à partir du visible offert par l’extérieur un désir de proposer des constructions plastiques très denses, soutenant toutes les exigences du regard et, par ce fait, libère pour sa peinture des possibilités d’explorer des voies plus intimes, sensibles à la fluidité de la couleur que sa pensée instrumente à la manière des grands musiciens de jazz et dans laquelle, portée par des motifs, des impulsions, des atmosphères d’une nature presque musicale, elle peut se donner, dans la cohérence de chaque interprétation de thèmes familiers, littéralement: libre cours. * Débordements, Galerie Josef Nisters, Speyer, 2003 avec des textes de François Pétry et Christophe Domino. |
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