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Anne SAMSON prix du CEAAC,1991
L'intérêt d'Anne Samson s'est d'abord porté sur le mouvement
rendu par l'influence de la lumière sur des surfaces colorées
et différents matériaux comme la cire d'abeille, la soie vierge
ou encore le cuivre et par la position du corps du "regardeur" par
rapport à l'oeuvre.Dans des pièces comme "CUVES" (1989), "SOUCHES" (1989), "PETITE GALERIE BLANCHE" (1990) ou "MATRICE" (1991), elle cherche notamment à faire éprouver les capacités expansives ou rétractives d'une couleur donnée. Utilisant la cire coulée dans des formes en plomb, elle tente de dégager les spécificités propres à ce matériau en activant ses potentialités : accumulation de lumière ou d'énergie... Dans "RESERVES", par exemple, elle crée un corps solide enfermé dans l'enveloppe de plomb à forte capacité isolante. La surface de cire livrée à l'oeil se trouve densifiée, mais ne peut pas déployer son énergie, contractée par le plomb. "La cire déposée s'appréhende comme une quantité de matière en attente, repliée sur elle-même". La couleur en tant que masse physique a poussé l'artiste à agrandir à l'échelle humaine ses bacs de cire afin que l'on puisse les voir comme des volumes. Faisant l'expérience à l'inverse, Anne Samson utilisera ensuite des feuilles de cuivre : au lieu d'isoler l'énergie optique, les matrices en cuivre vont accrocher et renvoyer la lumière, agissant comme des réflecteurs. Dans ses derniers travaux, elle élargit son champ d'investigation : de nouveaux matériaux ont fait leur apparition comme la soie, le sable, les pâtes alimentaires et des documents photographiques. Ces pièces comme "PRIMAVERA", "COSMOGONIE" et "GENESES" ou "MATRICES" en 1991, utilisent des images archétypales telles que des planches anatomiques du Quart-Livre de Dürer agrandies à l'échelle humaine ou bien des extraits des Védas, sur la légende de la création du monde, ou bien encore une photographie ronde, représentant un foetus de douze semaines, entourée de deux châssis indépendants matelassés de soie blanche. Ces travaux restent fidèles à l'interrogation fondamentale sur l'image que mène Anne Samson depuis le début de son travail : attaquer le champ de l'expérience individuelle afin de provoquer un questionnement vis-à-vis de propositions plastiques différentes, parfois déroutantes, qu'elles soient surfaces monochromes, ou mises en scène à partir d'éléments figuratifs. Elle reste, en outre, dans un désir permanent de mobilisation de la capacité de perception du "regardeur". Anne FLECHON-LANG |
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