Association RHINOCEROS
Prix de la ville de Strasbourg, 2001

"Rhinocéros n'est qu'une image du monde, un miroir en marche, n'est que cette suite de rencontres où les gens rencontrés, petit à petit, constituent à leur tour le corps de l'animal, par leur présence, par leur contribution, par leur participation".
Manuel DAULL in "Rhino /10





Définir Rhinocéros tient de la gageure, du paradoxe, voire de la contradiction. Cela reviendrait à " asseoir " en quelque sorte une structure qui revendique la légèreté, la souplesse, la liberté de l'expérimentation, de ses modalités, de son rythme, dont l'action s'inscrit dans le fugace. Peut-on d'ailleurs parler de revendication, Rhinocéros excluant tout manifeste ?
Vous l'aurez compris, l'animal est insaisissable et aux dires de ses propres initiateurs, indéfinissable.
Mais il n'est pas pour autant privé d'histoire et encore moins de contenu.
L'histoire commence en 1996 avec l'obligation de Nicolas Simonin d'abandonner temporairement son atelier au 30, rue de Juifs, à la suite d'une mutation professionnelle.
Ici naît donc le biotope de Rhinocéros.
Il est généreusement décidé que ledit atelier est mis à disposition d'artistes qui y exposeront trois jours consécutifs en menant une réflexion sur la nature spécifique du lieu.

Se succéderont alors dans l'atelier trente expositions, des dizaines de rencontres et d'actions qui forment, pendant plus de deux ans, les week-ends surprise de Rhinocéros, orchestrés dans un premier temps avec les seules ressources propres des artistes et des amis du lieu et totalement gérés par l'occupant : l'artiste est responsable de sa présentation et de la communication qui l'accompagne. Parallèlement, Rhinocéros lance l'édition de trois portfolios d'artistes intitulés " goût amer ".

En 1998, l'exposition individuelle fait place à une représentation de groupe réunissant, autour d'une intervention sur un classeur-type, pas moins de 300 artistes de provenance internationale. Se succèdent ensuite, à partir de 1999, des expositions de longue durée dont la formule, toujours originale, allie le sérieux et la convivialité : ainsi l'installation de Thierry Boucton en juin 1999, véritable construction architecturale qui modifie l'espace de l'atelier, et dont les matériaux constitutifs, planches et chevrons, sont mis en vente à l'issue de l'opération, dans un esprit de recyclage de l'œuvre d'art.

La dimension de médiateur de l'art qui lui tient à cœur se concrétise plus explicitement en décembre 1999, lorsque Rhinocéros convie le public à rencontrer onze personnalités institutionnelles sur le thème du rôle de l'intermédiaire dans l'art ; il clôt par la même occasion quatre ans d'action dans l'atelier de la rue des Juifs. Hébergé depuis lors par une agence de communication au poste d'aiguillage de la Meinau, Rhinocéros s'engage dans l'édition de 'livrets Rhino " puis d'un magazine d'art contemporain " livraison ", considérée comme une façon de se confronter à de nouveaux territoires culturels.

Parallèlement, des coopérations avec l'institution sont engagées, en croisement avec elle, dans un souci de partager le rôle d'intermédiaire entre l'artiste et le public toujours réaffirmé comme un axe prioritaire.

La modestie de son équipe, fluctuante selon les projets et récalcitrante à toute idée d'autopromotion, son enthousiasme pour la rencontre et l'ouverture, l'éternelle surprise générée par son action généreuse qu'il souhaiterait " d'utilité publique " font de Rhinocéros un animal exotique et rare dans le paysage culturel régional, auquel le CEAAC s'est spontanément attaché.
Liste des lauréats:





Lauréats