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Eric Linard prix de la Caisse d'Epargne d'Alsace,1993
Des affiches imprimées par l'Atelier 2A au cours des années soixante-dix
pour le Théâtre National de Strasbourg à partir, notamment,
de peintures de Jean-Paul Chambas ou de Nicky Rieti aux portfolios réalisés
avec Titus-Carmel, Di Rosa, Raymond E. Waydelich et d'autres, jusqu'aux expositions
de Jean Remlinger, Toni Soulié, Jean Le Gac ou François Bruetschy
dans sa galerie à Hoenheim, c'est une volonté de perfection mise
au service de l'art qui anime et caractérise le travail d'Eric Linard.Si, dans le catalogue de ses éditions, le nombre d'artistes vivant -ou ayant vécu- en Alsace témoigne d'une attention chaleureuse et d'une séreté de regard d'Eric Linard à l'égard des créateurs de la région où il s'est installé, la proportion d'artistes jouissant depuis longtemps d'une renommée internationale révèle -tout comme le Golden Squeegee Award ("Prix de la Raclette d'Or" !) qu'il obtint en 1988 à Houston- la reconnaissance indiscutée de son talent de sérigraphe. En fait, au delà de cette distinction, à terme dépourvue de signification artistique réelle, entre ces deux groupes d'artistes c'est l'histoire d'une succession de "coups de coeur" et de rencontres qui s'est concrétisée là en un riche ensemble d'estampes déployant, sans que ce fût peut-être de propos délibéré, un éventail très ouvert de l'art d'aujourd'hui, rendu accessible à des amateurs aux ressources parfois modestes sous la forme précieuse d'oeuvres originales. Par son parcours personnel qui l'a conduit en vingt-cinq ans d'un petit atelier de sérigraphie à la création d'un complexe d'édition, incluant désormais l'ensemble des disciplines de l'estampe, à la participation aux grands rendez-vous du marché de l'art et finalement à l'ouverture de l'une des plus belles galeries de l'est de la France, Eric Linard pourrait bien incarner la figure d'un amateur raffiné qui aurait su, avec une détermination patiente et rigoureuse, se donner les moyens de participer activement à la création et à la circulation des oeuvres de sa collection. En effet, l'importance décisive des affinités humaines dans le choix des artistes qu'il invite à travailler chez lui, la complicité créatrice qu'il établit avec eux et qui est à l'origine de projets parfois novateurs dans le cours de leurs démarches propres, les excellentes conditions de travail et d'exposition que, non seulement sa compétence technique mais aussi un talent discret d'architecte et de designer offrent par leur accueil, et, pour tout dire, sa qualité d'hôte réalisent, en un temps où le "professionnalisme" s'impose comme une dure exigence de survie, l'utopie d'un art qui n'aurait cependant pas renoncé à être une forme créatrice de l'amitié. Paul Guérin mars 1995 |
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