L'activité de Jérôme Habersetzer a pris, depuis son entrée
dans la vie professionnelle, plusieurs formes : "scénographe"
de grandes expositions, il a également conçu des ensembles muséographiques
de même qu'il a construit une villa et qu'il s'est livré à
une activité de designer. Formé à Strasbourg et à
Paris, il a effectué des stages auprès de Henri Gaudin et de Roland
Simonnet, puis à Zurich chez Ruegg et Marbach. Il a ensuite participé
à un certain nombre de grands concours. Son mémoire de diplôme
portait sur "l'utilisation de la lumière naturelle dans les musées".
L'entrée
de Jérôme Habersetzer dans la profession remonte à 1986,
l'année même où nous lui avons confié la scénographie
de la grande rétrospective consacrée à Jean Arp. Il a su
d'emblée mettre en oeuvre ce principe élémentaire : la
mise en valeur d'un art exige le plus grand respect à son égard.
C'est à partir de cette simple équation que nous l'avons associé
à d'autres réalisations strasbourgeoises : les expositions consacrées
à Le Corbusier et l'Esprit Nouveau (1987), au Portrait (1988), aux Bâtisseurs
de Cathédrales (1989) et aux Modernes (1992) ont montré d'une
manière éclatante qu'un lieu jusque là considéré
comme terne et contraignant, les salles de l'Ancienne Douane, pouvait prendre
des formes surprenantes et devenir un véritable espace muséographique.
Ses collaborations avec l'Institut du Monde Arabe, avec le Musée d'Art
Moderne de la Ville de Paris, avec le Louvre ou encore avec la Galerie de France
l'ont définitivement consacré dans son activité de scénographe.
A une époque
où la plupart des architectes conçoivent l'architecture d'un musée
ou la mise en espace d'une exposition avant tout comme un "geste"
architectural, c'est-à-dire comme une signature, je songe avec un grand
plaisir à toutes les oeuvres d'art, du Moyen Age au coeur du 20ème
siècle, parfois connues, que Jérôme Habersetzer nous a aidé
à regarder autrement et à aimer à nouveau.