Annie
GREINER
Prix du Conseil général du Bas-Rhin 1988
Au début
des années 80, le travail d'Annie Greiner a été révélé
au public à travers plusieurs expositions dont celle de l'Abbaye des
Prémontrés à Pont-à-Mousson : c'était le
temps des Lettres Rouges à Vincent, des Champs de Blé ; mémoire
de Van Gogh dans des toiles saturées de jaune intense, ourlées
de rouge et de noir.
Dès l'origine,
son oeuvre a été double, se partageant entre la peinture et la
gravure : supports en toile ou en papier-krafft et pigments, papiers et encres
de gravure ayant reçu l'empreinte de la plaque de cuivre.
Elle passe d'une
technique à l'autre sans répit, jouant d'expériences plastiques
différentes mais complémentaires.
Sa gravure offre
une densité de noirs colorés - ocres - rouges traversés
par des déchirures vives du papier dont la réalisation vigoureuse
se fonde sur des variations dans l'intensité de l'encrage qui enrichit
le propos de ce travail.
Elle traduit aussi
la maîtrise et la liberté du geste ; utilisant des formes diverses
et imprévues du papier, elle use des superpositions de plusieurs feuilles
pour sortir des formats traditionnellement employés dans la gravure,
liés aux dimensions des presses de taille-douce.
Dans sa peinture,
Annie Greiner travaille souvent dans des formats monumentaux où la violence
gestuelle s'est muée progressivement dans les pièces plus récentes
en un jeu formel davantage architecturé.
Impressionnantes
toujours, les oeuvres présentées à l'Abbaye de Saint-Riquier
durant l'été 1991, se sont épurées encore, à
la fois plus austères et plus recentrées sur la quintessence de
la lumière (Lichtzwang). Formes sombres, silhouettes noires et blanches,
elles expriment encore l'absolue détermination de l'engagement de l'artiste.