"Précieuses Rencontres" est le projet d'Isabelle Fustinoni
de séjourner pendant six mois en Tanzanie afin d'y étudier le
bijou, tant dans ses représentations que dans ses modes de fabrication.
"J'ai toujours été émerveillée par l'ingéniosité
déployée par les artistes africains, au regard du peu de moyens
techniques dont ils disposent, ainsi que par leur faculté de "recycler"
les objets ou matériaux importés au travers d'oeuvres où
seule leur identité culturelle subsiste. Mon désir d'aller à
la rencontre des arts et des artistes africains a engendré l'idée
du projet "Précieuses Rencontres", qui s'est véritablement
cristallisé lors de mon dernier voyage en Tanzanie durant le mois de
mars 1994 et au cours duquel j'ai pu observer différentes approches du
bijou selon les ethnies (Swahili, Bantou, Makonde, Massaï...).
J'ai plus particulièrement été attirée par Zanzibar,
île corallienne au large des côtes Tanzaniennes, qui fut
un extraordinaire foyer culturel où au fil des siècles, Perses,
Arabes, Egyptiens, Omanais, Indiens, Européens... se sont succédés.
Riche de toutes ces différences, on peut aujourd'hui encore y apprécier
la diversité technique et ornementale mise au service de la parure. Ancien
centre spirituel islamique, Zanzibar a entre autres hérité de
la tradition du filigrane et du repoussé propre à la Corne Orientale.
Mon souhait d'immersion
dans cet univers culturellement très différent du mien se concrétisera
par un élargissement du champ de mes recherches grâce à
une confrontation avec les artistes locaux. Afin qu'un réel échange
puisse avoir lieu, j'envisage de n'emmener sur place qu'un outillage à
main, facilement transportable, me permettant de me déplacer d'un lieu
à l'autre sans difficulté, et impliquant la conception de pièces
dans un contexte de production locale.
Ouvrir d'autres
dialogues et approcher d'autres savoir-faire. Observer les diverses représentations
du bijou, fruits d'expériences variées où se mêlent
valeur marchande, hiérarchie sociale, religion, conscience, communication,
fête... et qui dans le bijou africain ne sont pas dissociables, contrairement
au bijou de nos sociétés occidentales. Découvrir dans les
objets, fruits d'une créative et patiente élaboration de la matière,
la personnalité de chacun à travers son identité culturelle".