D'abord passionné par le textile, c'est lors d'un séjour prolongé
au Maroc que Michel DEJEAN fera la découverte des teintures naturelles
; il les utilisera dans sa pratique du tissage et de la tapisserie, jetant ainsi
les premières bases d'une oeuvre où la couleur sera travaillée
dans toute la subtilité de ses matières.
Il inaugure dans
les années 80 un retour à la peinture, alliant souvent textile
(trame) et évocations de calligraphies imaginaires (réseaux).
Le
support change et devient stèle de bois sur lequel la toile est marouflée
; il prend la forme crénelée du toit de la maison, se rythme en
panneaux tel un plan en élévation, rappel aussi du retable gothique.
La couleur pâle, souvent douce lumière. Toujours un cadre est marqué
alentour, signe qu'il se passe quelque chose pour notre regard au centre comme
en ses marges, retenant et soulignant la forme comme le mur, la maison.
Un mur qui nous
raconte, à travers les sédiments de la matière crayeuse
sur laquelle s'inscrivent des signes noirs ou grattés dans la couleur,
une histoire sous la forme d'un palimpseste.