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Olivier
BOUCHARD bourse du Conseil Général du Bas-Rhin,1999 Alors
que bijoux et parures révèlent généralement par
leur aspect immédiat la partie du corps à laquelle ils sont destinés,
les objets créés par Olivier Bouchard, ancien élève
de l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg , se présentent au
premier regard plutôt comme des pièces autonomes et rappellent
par les éléments hétéroclites qu'ils combinent,
ces assemblages que le surréalisme désignait pertinemment sous
le nom d'"objets à fonctionnement poétique".Pourtant le corps en vient peu à peu à y trouver une place qui s'avère bien plus d'ordre imaginaire que réel. Des montages de photographies d'épidermes dans le "linceul des affamés" ou d'iris de l'oeil dans "l'ondine" constituent le matériau principal de certaines oeuvres. Elles sont en outre présentées sur des socles dont les hauteurs spécifiques désignent à l'oeil, comme en un miroir absent, la partie du corps - la main pour les pommes des "passions", l'encolure pour "le revenant", le torse pour le "fauteur de troubles"... - par laquelle il pourrait s'aventurer à les revêtir ou à s'en saisir. Mais ce ne serait alors que pour se faire le support, la scène de la fiction que nouent entre eux - non sans un certain humour parfois cruel - les éléments de ces compositions : hameçons et raisins dans le "fauteur de troubles", cortège d'animaux dans "les rondes cosmiques". Les titres choisis suggèrent ainsi une aventure, une expérience érotique ou douloureuse que l'esprit imagine et que l'oeil, à la vue de ce qui survient à un fruit, par exemple, dans ces montages insolites, transmet à la peau, au goût, au toucher... Ce n'est donc pas un corps - tantôt féminin, tantôt masculin - mais la chair comme volume de sensibilité qui hante le vide, les orifices, l'appareil de ces oeuvres. Elles ne semblent que "jouer à" la parure, au bijou : l'or, l'argent, l'aluminium n'y sont plaqués qu'en feuilles sur des substances parfois organiques, donc périssables : à l'image du corps réel plutôt qu'à son usage, car tandis qu'un bijou ou une parure habituels soulignent de leur éclat, de leur ligne, les mouvements naturels de ceux ou celles qui les portent, les objets de Bouchard tendraient davantage à les figer comme s'ils ou elles étaient devenus des idoles bizarres, composites, prises dans l'énigme de quelque fascination. |
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