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RAYMOND E. WAYDELICH Hommage de Lydia Jacob aux jardins familiaux 1999 Cabane de jardin en bronze, hauteur 300 cm/ 195 cm de long / 145 de large Banc 143 / 32 cm, table 133 / 57 / 73 cm de haut Jardins familiaux de la Robertsau, rue de la Fourmi à Strasbourg L’”Hommage de Lydia Jacob aux jardins familiaux” s’inscrit dans l’ensemble des œuvres conçues depuis de nombreuses années par Raymond E. Waydelich dans la perspective d’une “archéologie du futur” depuis L’homme de Fredehof, 2750 ap. J.C., au pavillon français de la Biennale de Venise en 1975. Cette œuvre est la reproduction en bronze à échelle 1/1 d’une maison de bois de jardins familiaux, d’aspect assez rustique, bricolé, comportant un auvent, un banc et une table librement accessibles au public. Elle est entourée d’un espace gazonné, entouré de haies, planté de quelques arbres fruitiers. Ce projet particulier est né de l’intérêt - empreint de nostalgie- porté par l’artiste aux maisons de jardins ouvriers et, plus généralement à l’imagination populaire ainsi qu’en témoigne l’organisation de toute son œuvre comme une fiction élaborée à partir de la découverte d’un cahier de notes d’une certaine Lydia Jacob, modiste et couturière née en 1876 à Strasbourg-Neudorf, et dont la vie modeste et le nom même nous seraient restés inconnus sans les inventions de cet artiste. Dans l’art de Raymond E. Waydelich, une attitude d’hommage s’est substituée au simple constat ou à une certaine forme de dérision à l’égard des objets banals et leur introduction dans le champ artistique est d’abord leur projection- à la fois réelle, ludique, et cérémonieuse- dans le temps futur. Cette mise à distance temporelle est en effet le propos de la “performance” que constitua, lors de l’inauguration, l’enfouissement, à l’intention des archéologues et botanistes des siècles prochains, de fûts contenant des objets de notre temps : messages, graines, plants... sous la dalle de la maisonnette qui renferme elle aussi du matériel propre au jardinage. L’”archéologie prospective” de Raymond E. Waydelich dont l’art donne une puissance d’avenir au quotidien le plus modeste réunit pour une fois, dans un même rapport surprenant au temps qui passe, l’amateur d’art et le jardinier des fins de semaine. Paul Guérin
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