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Gérard STARCK Le Belvédère 1997 Le Hohwald béton blanc, 8,12 / 9,60 / 9,60 m. L’installation conçue par Gérard Starck pour le site du Hohwald comprend une construction inscrite dans un carré, sur la base d’un plan en croix grecque. Faite uniquement de lignes et dépourvue de surfaces verticales, ses poutres en béton sont agencées pour former une construction architecturale idéale qui ressemble à un petit temple roman. Ce rapport à l’art médiéval n’est pas fortuit quand on sait que les bâtisseurs, des premières églises cisterciennes aux cathédrales gothiques flamboyantes, ont porté une attention particulière à la lumière et ses effets physiques et émotionnels, en cherchant à amplifier les vides au détriment des pleins. Il faut dire que l’installation frappe le regard grâce à l’usage de ce béton blanc satiné qui réverbère la lumière et qui tranche par rapport à la nature verdoyante. L’oeuvre est-elle bien une architecture ? Ne s’agirait-il pas plutôt d’une construction virtuelle et évanescente vue de loin dans son ensemble, réelle vue de près grâce aux éléments structurels qui la constituent ? Il y a dès lors une contradiction stimulante entre la quasi immatérialité de l’édifice et la dureté géométrique des lignes / poutrelles blanches. L’oeuvre instaure un dialogue voire un compromis entre la raison et l’émotion . “Notre conscience est l’architecte de notre songe“ nous dit Victor Hugo. Comme si Gérard Starck nous offrait l’image consciente et géométrisée d’une vision. Or l'artiste nous montre précisément un édifice idéal qui n'existe que pour lui-même, qui n'a ni fonction symbolique, ni fonction votive, ni fonction commémorative : ce n'est précisément pas un monument. C'est une construction utopique dans le sens étymologique grec de “ ou-topos “ c'est-à-dire “non lieu” : le belvédère est ce non lieu qui donne une vue sur un ailleurs. Dès lors l'oeuvre s'efface, grâce à sa transparence, à cette qualité du vide qui la caractérise. Belvédère : de l'italien belvédère , bien voir, belle vue. Regardez comme c'est beau. Philippe Weiss
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