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DANIEL PONTOREAU Le champ du feu 1992 fonte en fer, marbre blanc du Rajasthan, 50 m. de rayon Le champ du Feu n’est pas une installation immédiatement perceptible dans son ensemble. Elle se révèle au regard à l’issue d’une traversée de la forêt vosgienne. L’oeuvre se situe sur un sommet appelé le “Champ du Feu” : Daniel Pontoreau fut séduit par l’aspect dénudé de ce site et par son nom évocateur qu’il conserva pour nommer son installation. L’oeuvre in situ semble avoir toujours été là, dans l’espace duquel elle vit et coexiste, ou du moins paraît avoir été déposée au cours d’un passé originel indéfini. En effet, si certains artistes ont parfois volontairement créé des œuvres éphémères en remettant en cause le caractère intemporel traditionnellement lié à l’oeuvre d’art, Daniel Pontoreau a voulu au contraire placer son installation dans la durée, dans l’immuable. Après le déjà prêt pour l’art duchampien, l’artiste propose son déjà là dans la nature. Seul le medium photographique constitue alors une preuve de la contribution de l’artiste lors des étapes de réalisation de son oeuvre. La dispersion à travers le site d’éléments disposés au sol s’élabore selon un ordre qui semble être autant aléatoire que contrôlé, entre hasard et nécessité. De ces cinq cent particules de marbre blanc du Rajasthan qui contrastent au niveau chromatique et formel avec les trois sculptures en fonte de fer, émane une force tellurique et symbolique. Souvent, les œuvres de l’artiste sont ainsi composées de “ filaments vibratoires, des particules dispersées et des corps denses, des vecteurs possibles ou imaginaires “ (1). Chaque élément paraît relié aux autres par des liens invisibles, à la manière des réseaux telluriques constitués d’infimes courants électriques se propageant à très faible profondeur. Chaque élément peut également être considéré comme l’omphalos grec, c’est-à-dire le nombril du monde. Au fond, Daniel Pontoreau invente une cosmogonie poétique, un espace sacré qu’il crée et délimite. On en viendrait presqu’à scruter, à la manière des prêtres auspices, le vol des oiseaux dans le ciel. (1) Ann Hindry in Daniel Pontoreau, Actes Sud Philippe Weiss
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