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Mathieu MERCIER Projet de balustrade 2004 Balustrade composée de 24 modules en fonte d’aluminium (105 cm de hauteur /120 cm de largeur) L'art de Mathieu Mercier fabrique, dé-construit, détourne ou assemble des objets d'origine industrielle, parfois d'usage domestique, qui perdent de ce fait leur valeur fonctionnelle. Ils sont tantôt exagérément agrandis, tantôt accumulés pour créer des constructions à l'architecture épurée, parfois complexe dans leur réalisation. Car ses œuvres d'art engagent dans leur réalisation un certain savoir-faire même s'il s'agit plus de bricolage, par ailleurs revendiqué par l'artiste. L'héritage de différents courants artistiques est prégnant dans son travail protéiforme, du suprématisme au constructivisme et du « mal fait » revendiqué par le génie sans talent qu'était Robert Filliou. En fin de compte, ces objets souvent décontextualisés, acquièrent l'identité floue d'«images d'objets». Le projet de la mairie de Hochfelden est à la fois différent et semblable de ces principaux travaux artistiques. Différent parce qu’il s’agit d’une œuvre d’art inscrite dans l’espace public : l’œuvre d’art partage l’espace de la ville, dialogue avec ses composantes, interroge les habitants sur leurs habitudes urbaines. Semblable car son projet s’articule sur cette même notion d’objets déplacés de leur contexte, d’objets susceptibles d’être montés-fabriqués par soi-même, c’est-à-dire accessibles au plus grand nombre. En effet, son projet de garde-corps consiste en une série de balustrades en aluminium sur la base d’éléments sécables de modélisme aux dimensions d’un espace public. Chaque fragment de balustrade contient des parties d’éléments traditionnels du mobilier urbain ainsi que certains éléments emblématiques de Hochfelden: on y discerne tour à tour, tel un inventaire à la Prévert, un pylône électrique, un tonneau, un lampadaire, la clef de Saint Pierre qui orne également le blason de la ville... Entreprise originale d’appréhender l’œuvre, et au final, de l’intégrer à l’espace urbain environnant : au spectateur de détacher mentalement les éléments de montage pour recomposer l’ensemble. Philippe Weiss
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