MAC ADAMS
Méditation
1996
Jardins de l’Université situés derrière le Palais Universitaire sis 9 place de l’Université à Strasbourg
aluminium et galets du Delaware
3,20 / 2,14 / 2,60 m.


Au coeur des jardins de l’Université à Strasbourg, une longue tige en aluminium se dresse vers le ciel, le long de laquelle sont fixés deux plateaux supportant des galets au positionnement et à la forme a priori aléatoires. Le tout repose sur un disque horizontal posé sur le sol : il y aura sans doute un jeu de lumière et d’ombre car l’installation fait indéniablement penser à la reconstitution d’un cadran solaire mais d’une forme peu commune. Il faudra venir au bon moment, par beau temps entre mai et juillet entre 12 h et 13 h 30, pour apercevoir comme par un fait étrange l’apparition d’un homme accroupi en position du lotus, ou du moins son image projetée au sol sur le disque.

De fait, le dispositif visible mis en place par Mac Adams ne constitue plus l’objet central de toute l’attention : certes, en tant qu’objet manufacturé, il engage un dialogue formel et symbolique avec la nature du jardin, une “plante hybride entre la jacinthe et le nénuphar” selon l’artiste, mais il sert surtout d’intermédiaire entre la lumière et l’image projetée de l’homme accroupi. Cet homme a besoin de la lumière du soleil et d’un artifice pour se révéler à lui-même aussi bien qu’aux autres : il n’est qu’une image, une ombre projetée sans réelle présence physique, un corps éthéré et éphémère en méditation. Seul le temps que dure sa méditation semble lui permettre de s’affranchir de son monde de contingence. Or le spectateur lui aussi se laisse aller à réfléchir, sur l’appréhension que nous avons tous du temps qui passe inexorablement. Le temps, lui, est en effet invariant et effectue son travail de sape ou dans Méditation de re-naissance. C’est une épiphanie, dans son acception étymologique d’apparition, à la fois fugace car elle ne dure qu’un temps et perpétuelle car elle revient chaque année. La disparition de cet homme méditant n’est toutefois que partielle car, sans l’appui de la lumière solaire, le disque au sol conserve son passage, comme une trace mnémonique.

Philippe Weiss

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