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STEPHAN BALKENHOL A travers l’arbre 1995 bubinga sculpté en réserve et peint hauteur 240 cm diamètre 220 cm En déambulant au cœur du parc de sculpture de Pourtalès, un tronc d’arbre sectionné verticalement en deux capte le regard : nous apercevons littéralement à travers l’arbre des personnages sculptés qui se font face. Ces personnages sont à la fois imaginaires, voilà un homme cerf issu d’un panthéon mythologique inconnu, sans histoire car aucun récit n’explique leur présence, et trans-historiques puisqu’ils portent des vêtements contemporains, combinent des attitudes modernes (ici la main dans la poche du pantalon) à des postures reconnaissables de la tradition sculpturale. Ces personnages baignent dans une certaine énigme, Stephan Balkenhol sculpte des individus que l’on pourrait qualifier de silencieux : pas d’éclat psychologique apparent, mais une retenue intérieure permanente. Cette absence de profondeur psychologique est d’autant plus accentuée par la quasi-absence de profondeur sculpturale : ce n’est pas fortuit si les personnages ne sont pas taillés en relief par rapport au fond neutre bleu mais en réserve. Ces figures se dérobent à moins qu’elles ne tentent d’émerger à la surface. Elles ne reposent pas au sol et flottent dans l’espace de représentation de la même manière qu’elles flottent dans une temporalité indéfinie si ce n’est qu’elles sont hic et nunc. Et Balkenhol de dire que “mes sculptures ne racontent pas d’histoires. Il y a quelque chose du secret. Ce n’est pas à moi de le révéler mais au spectateur de le découvrir”. Pour autant le dispositif mis en scène par l’artiste semble imposer une certaine distance, comme si nous surprenions quelque sacra conversazione cryptique et païenne à laquelle nous ne sommes pas conviés . Car ces figures oscillent entre divinité et humanité. Mais l’attirance prend le dessus au point de nous inviter à les rejoindre, en ayant conscience que le tronc d’arbre puisse à chaque instant resserrer ses liens et nous enfermer. Philippe Weiss
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