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La preuve concrète

© Marieta Chirulescu
Commissaire invitée: Bettina Klein
 
La preuve concrète
 
Björn Braun
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Jochen Schmith
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La preuve concrète
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En parlant de photographie, impossible aujourd’hui d’évoquer la notion de preuve et, a fortiori, de preuve concrète. Dans le sillage de la numérisation des images, le célèbre noème du « ça a été » jadis proposé par Roland Barthes a en effet laissé place à une incertitude grandissante à l’égard de ce qu’elles nous donnent véritablement à voir.
À une époque où la technologie de l’image révèle une précision jamais atteinte, force est de constater que bon nombre de jeunes artistes redécouvrent les procédés analogiques, dont ils exploitent cependant d’autres qualités que la patine nostalgique découlant de leur statut soi-disant obsolète dans l’histoire de la photographie. Les travaux de ces artistes s’intéressent au contraire à la représentation de matériaux et de processus, c’est-à-dire à la photographie en tant que telle. Largement exemptes de narrations traditionnelles, leurs œuvres concernent dès lors l’enregistrement de traces, d’empreintes et d’accumulations comme autant d’indices du fait que quelque chose « a été », même s’il ne s’agit que d’un matériau ou d’un rayon de lumière.

Les travaux photographiques de Marieta Chirulescu se servent fréquemment d’images trouvées : illustrations de l’ancienne revue d’art roumaine Arte, photos personnelles de son père ou clichés anonymes. Après les avoir scannées, l’artiste traite ces images sur ordinateur en leur surimposant différents masques de filtres et d’effets ou en n’en gardant que des fragments. Si certains sujets, qui semblent représenter des objets réels, ont été créés de toutes pièces sur ordinateur, d’autres en revanche résultent de collages manuels que l’artiste a ensuite (re-) photographiés. La complexité des processus picturaux de Marieta Chirulescu, qui se servent simultanément de technologies analogiques et numériques, donne naissance à des images d’une profondeur vertigineuse. La lumière elle-même (et les chemins qu’elle emprunte) devient matériau, ainsi lorsqu’un miroir est scanné et que l’appareil d’enregistrement atteint ses limites. Un état au seuil de la figuration et qui pourtant ne permet pas encore de nommer les choses, le rendu de la texture d’une feuille de papier : c’est leur facture qui confère à ces travaux apparemment nostalgiques et néanmoins hypermodernes un attrait particulier. Marieta Chirulescu s’intéresse tout autant aux questions conceptuelles liées à la photographie qu’à celles qui concernent la peinture.

Camera (2008) d’Alexander Gutke présente la maquette du studio de kinématographie construit en 1893 par Thomas Edison. Sorte de caisson noir recouvert d’asphalte, le studio avait été surnommé « Black Maria » en référence aux fourgons de police de l’époque. Le bâtiment original, dont il n’existe qu’une poignée de photographies, avait été construit en bois. Présentant une ouverture vitrée dans le toit, la structure avait été entièrement montée sur rails afin de suivre le déplacement du soleil et d’exploiter au mieux la lumière naturelle. La maquette d’Alexander Gutke a été réalisée en acier et enduite d’une émulsion photographique. L’objet recueille ainsi la lumière ambiante, accumulant des images potentielles sur sa surface sans que celles-ci ne deviennent jamais visibles.
Pour son animation vidéo intitulée Cine-scope (2008), l’artiste a scanné des bouts de pellicule de film vierge, qui pour seules traces identifiables portent l’empreinte de grains de poussière, de peluches ou de rayures sur leur surface. Ces traces, qui, dans tout film déployant une narration, détruiraient l’illusion filmique à laquelle se prête le spectateur, engendrent ici un effet de transe. La surimposition des différentes couches et l’agrandissement des particules ont pour effet de suggérer une profondeur de champ comparable à celle qui se manifeste lorsqu’on traverse un paysage de forêt en voiture. Cine-scope confond ainsi la source analogique avec sa représentation numérique pour aboutir à une mise en abyme du médium.

Les petits formats photographiques de Josh Brand évoquent formellement la photographie expérimentale sans caméra des débuts du XXe siècle en ce qu’ils résultent d’un travail consistant à soumettre des feuilles de papier photographique couleur à une série de procédés analogiques. Dans les travaux de Josh Brand, le hasard joue un rôle important, ainsi lorsque, dans son appartement, l’artiste dispose pendant plusieurs jours des feuilles de papier photographique, en partie recouvertes et exposées à la fois à la lumière naturelle et artificielle. L’ajout de dessins sur leur surface et l’utilisation de différentes techniques d’impression couleur complètent la gamme des moyens picturaux employés par Josh Brand pour créer des œuvres qui, tout en s’y référant, étendent le champ du photogramme. Les pièces uniques ainsi réalisées ne représentent pas une quelconque réalité hors champ, mais sont en définitive des objets construits à partir du matériau photographique même.

L’œuvre Slidelength (1969-1971) de Michael Snow comprend 80 diapositives projetées à des intervalles de 15 secondes. Les photographies montrent de manière récurrente une main occupée à tendre dans le champ de l’image des filtres de couleur et une plaque de verre, mais également des tirages de photographies extraites du film Wavelength (1967). La lumière du projecteur est partiellement réfléchie par les différentes surfaces. Sur le mur représenté dans l’image, de même que sur le mur de l’espace d’exposition, elle produit des surfaces colorées dès lors qu’elle tombe sur des matériaux transparents. Slidelength montre donc à la fois ses sources (appareils, lumière, bout de pellicule de film) et le résultat obtenu en les employant.

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Josh Brand
Né en 1980 à Elkhorn, Wisconsin, USA
Vit et travaille à Brooklyn, New York, USA

Expositions individuelles
• Herald St, Londres (2009)
Statements, Art Basel, Bâle (2009)
• Liste 08, Herald St, présentation en duo avec Brian Moran, Bâle (2008)
• White Columns, New York, NY (2007)

Expositions collectives et Projections
Strip Stripe, Emily Harvey Foundation, New York (2009)
A Twilight Art, Harris Lieberman, New York (2009)
My Summer Show, Galerie Lelong, NYC, curated by Cristina Delgado (2009)
Bianca Beck, Josh Brand, Matt Connors, Zak Prekop, Hayley Tompkins, Sue Tompkins, Shane Campbell, Chicago, USA (2008)

Avec le groupe Hurray (Richard Aldrich, Josh Brand, Pete Mandradjieff & Zak Prekop)
Bring the War Home, Elizabeth Dee Gallery, New York, NY, QED, Los Angeles, CA (2006)
Hurray, The Mandrake, Los Angeles, CA (2006)
The Fact, Abstract, Dorsky Gallery, Long Island City, NY (2006)
Surfing the Surface, Galleria Paolo Bonzano, Rome, Italie (2006)
Hurray, Project Room, Nicole Klagsbrun Gallery, New York, NY (2005)

Visuels:

visuels visuels visuels visuels visuels visuels

Links:
http://www.fusetronsound.com/label.php?whomart=hurray
http://www.heraldst.com

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Marieta Chirulescu
1974 née à Sibiu, Roumanie
Vit et travaille à Berlin, Allemagne

Expositions individuelles (sélection)
• Projektraum der Temporären Kunsthalle Berlin (2009)
• Kunsthalle Mainz, Mayence (2009)

Expositions collectives (sélection)
• Against Interpretation, Studio Voltaire, Londres (2009)
• Marieta Chirulescu / Sascha Hahn, Galerie Kienzle & Gmeiner, Berlin (2009)
• Nothing to say and I am saying it, Kunstverein Freiburg (2009)
• Marieta Chirulescu / Claudia Kugler, Galerie Sima, Nuremberg (2009)
• Marieta Chirulescu / Manuela Leinhoß, DickSmith Gallery, Londres (2008)
• Ulla Rossek / Marieta Chirulescu, samsa project room, Berlin (2008)
• Fade to Grey, bell street project space, Vienne (2007)
• Finish, ehem. Autohaus Tschernitz, Karlsruhe (2007)

Visuels:

visuels visuels visuels visuels visuels visuels

Links:
http://www.marieta-chirulescu.de
http://www.mickyschubert.de

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Alexander Gutke
Né en 1971 à Gothenburg, Suède
Vit et travaille à Malmö, Suède

Expositions individuelles (sélection)
• Culturgest, Porto / Museum of Contemporary Art, Detroit, curated by Chris Sharp (2009)
• Galerija Gregor Podnar, Berlin (2008)
• Hollybush Gardens, Londres (2007)
• Sies + Höke Galerie, Düsseldorf (2007

Expositions collectives (sélection)
• Un Plan Simple, La Maison Pop, Montreuil, curated by Le Bureau (2009)
• L’éternel Retour 1: La Méduse, La Salle de Bains, Lyon (2008)
• Object, The Undeniable Success of Operations, Stedelijk Museum Bureau, Amsterdam (2008)
• Trava Linguas (Tongue-twister), Vera Cortes, Lisbon, Portugal. curated by Joana Neves (2008)
• Die Wörter, Die Dinge, Kunstverein Düsseldorf (2007)
• Objet à part, La Galerie, Noisy-le-Sec, curated by Bettina Klein (2006)
• Phases of the Moon, Irma Vep Lab, Lieu de création contemporaine, Châtillon sur Marne (2006)

Visuels:

visuels visuels

Links:
http://www.gregorpodnar.com

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Michael Snow
Né en 1929 à Toronto, vit et travaille à Toronto, Canada

Expositions individuelles (sélection)
Yes Snow Show, at BFI Southbank Gallery, Londres (2008)
Michael Snow, La Box - école Nationale Supérieure d´Art de Bourges (2005)
Instant Snow, Centre Georges Pompidou, Paris (2002)
Michael Snow - Fragments d'une rétrospective - 1962-1999 - Mamco - Musée d´art moderne et contemporain, Genève (2000)
Panoramique. œuvres photographiques & films 1962-1999, Société des Expositions du Palais des Beaux-Arts, Bruxelles/ Centre national de la photographie, Paris / Centre pour l’image contemporaine, Genève (1999)
Michael Snow - Musée d´art contemporain de Montréal, Montréal, QC (1995)
Michael Snow - Centre Pompidou - Musée National d´Art Moderne, Paris (1978)
Projects: Michael Snow, Photographs - MoMA - Museum of Modern Art, New York, NY (1976)

Michael Snow a participé à de nombreuses expositions collectives, dont récemment:
See this Sound au Lentos Kunstmuseum à Linz (2009/2010), à la Manifesta 7 (Amsterdam, 2008), la 16ème Biennale de Sydney (2008), la 27ème Biennale de São Paulo (2006), la Whitney Biennial, New York (2006), à l’exposition Stillness en duo avec Sam Taylor-Wood au MoMA -Museum of Modern Art, New York (2005).

Visuels:

visuels visuels visuels

Links:
http://www.ccca.ca
http://www.martineaboucaya.com
http://www.angelsbarcelona.com
http://www.cuttsgallery.com
http://www.jackshainman.com

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Commissaire invitée: Bettina Klein
*1970 à Wadern / Sarre, vit et travaille à Berlin.
études d’histoire de l’art et de littérature française à Marburg, Toulouse et Berlin.

Commissariat d'expositions (sélection) :
Personne, exp. collect. (Becky Beasley, Gert Robijns, Eiko Grimberg), Galerie Schleicher & Lange, Paris (nov. 2009)

Commissaire des expositions du prix artistique allemand blauorange:
Kitty Kraus, Kunstverein Heilbronn (2008)
Björn Braun, Kunstverein Braunschweig (déc. 2009)

Filaturen, exp. collect. (Hervé Beurel, Simon Denny, Sergej Jensen, Ian Kiaer, Kitty Kraus, Victor Man, Gyan Panchal, Gert Robijns, Pierre Savatier), Galerie Sies+Höke, Düsseldorf (2007)
Le mythe du cargo, exp. collect. (Gérard Fromanger, Tue Greenfort, Daniel Pflumm, Bernard Rancillac, Franck Scurti, Iren Stehli, Christine Würmell), Galerie Fernand Léger, Ivry-sur-Seine (2007)
Objet à part, exp. collect. (Ryan Gander, Alexander Gutke, Maria Loboda, Kirsten Pieroth, Wilhelm Sasnal, Albrecht Schäfer, Florian Slotawa, Simon Starling), La Galerie, Noisy-le-Sec (2006)
Ce qui reste, exp. collect. (Oystein Asaan, Hervé Beurel, Tue Greenfort, Markus Lohmann, Jonathan Monk, Manfred Pernice, Albrecht Schäfer, Corinna Schnitt, Monika Sosnowska, Christine Würmell), FRAC Bretagne, Galerie du TNB, Rennes (2004)

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Horaires d’ouverture
Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 18h.
Fermeture les jours fériés

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Visites commentées
Visites commentées et accueil scolaire sur rendez-vous au +33 (0)3-88-25-69-70 - services entièrements gratuits - www.ceaac.org.

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CEAAC
7, rue de l'Abreuvoir
F-67000 Strasbourg, France
Tél. : +33 (0)3-88-25-69-70
Fax : +33 (0)3-88-35-59-77
www.ceeac.org
info@ceeac.org

Gérard TRABAND
Président du CEAAC
Vice-Président de la Région Alsace

Evelyne Loux
Directrice


Paul Guérin, Chargé de mission
Karine Jumel, Assistante de direction, contact presse
Élodie Gallina, Chargée des relations internationales
Gérald Wagner, Chargé des relations avec le public
Roland Görgen, Régisseur

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Accessibilité
Du centre ville, place de l’Homme de Fer, 2 solutions :

Prendre le tram A direction Illkirch Lixenbuhl ou tram D direction Etoile Polygone, arrêt Etoile Bourse ; puis prendre le bus 15 direction Robertsau Mélanie, arrêt Cité Administrative.

Prendre le tram C direction Esplanade arrêt Esplanade ; puis prendre le bus 15 direction Holtzheim Ouest arrêt Cité Administrative.


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Colophon
Commissaire invitée: Bettina Klein
Design: Heimann und Schwantes, Berlin
Réalisation: Josse de Bruijne, Leipzig

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